Only exceptionally rational men can afford to be absurd.
- Allan Goldfein

La valeur d'un lien créé et entretenu sur LinkedIn ou Viadeo est-elle plus importante que celle d'un lien créé et entretenu sur FaceBook ? Seuls les plus forts dompteront-ils la bête ?

 

Fb

  L'épisode m'a rappelé l'histoire préférée d'un vieil ami qui se reconnaîtra.

Quand on lui demande comment après plus de 40 ans de mariage il fait pour ne jamais se disputer avec sa femme, il répond invariablement qu'il s'agit simplement d'une question de partage des responsabilités, l'essentiel étant que sa femme accomplisse les tâches de la maison pendant que lui s'occupe de choses plus importantes.

Ainsi, à elle l'éducation et la santé des enfants, le rangement et la bonne marche de la maison, le paiement des factures, la planification des sorties ou les invitations aux amis, tandis que son domaine, moins restreint (sic), concerne les choses qui ont une importance universelle comme les guerres dans le monde, la pensée post-moderne, les réformes du gouvernement, les progrès de la technologie ou les découvertes de la science ... Je reprécise pour les mal-comprenants qu'il s'agit là d'une boutade, même s'il faut toujours se méfier des choses dites avec humour.

J'ai vu ces derniers jours le passage éclair du profil d'un entrepreneur qui fait régulièrement l'actualité des blogs et de la presse.

En quelques jours, il a alimenté son profil FaceBook de quelques centaines d'amis, et je me suis soudainement retrouvée dans la selection des 80 zamis de son entourage, bien qu'il ne soit pas dans le mien.

Il a chargé boulimiquement un nombre d'applications aussi hétéroclites qu'une salle des ventes à Drouot, s'est inscrit à une variété de groupes des plus sérieux aux plus fantaisistes sans toutefois m'innonder d'invitations.

Deux jours plus tard il se désincrivait de tous les groupes fantaisistes, puis au fil de la journée désinstallait peu à peu toutes les applications ludiques et pour finir semble avoir supprimé son profil. Comme nous sommes nombreux à l'avoir vu passer, je ne suis sûrement pas la seule à l'avoir vu disparaître et peut-être réapparaîtra-t-il. Pas facile de gérer l'ingérable et ceci expliquerait alors cela ;-)

Et dans ce monde virtuellement aussi manichéen que la vraie vie, je m'amusais à mettre en parallèle cet épisode et les derniers chiffres FaceBook.

  • Mondialement, près de 43 millions d'inscrits dont 40% d'hommes, 45 % de femmes et 15 % de non spécifiés.
  • La France ne fait pas exception à la statistique avec ses 30% d'hommes, plus de 30% de femmes et près de 40% de non spécifiés sur les 771 000 inscrits.
  • A priori donc plus de filles que de garçons sur FaceBook.

Les chiffres seraient probablement surprenants construits sur une pyramide des âges. Je serais même prête à remettre en jeu mon titre de Pirate Cap'tain Bonny level 7 en pariant sur une tendance en train de s'inverser chez les plus de 30 ans.

Je ne crois pas au "A nous FaceBook et sa cohorte d'applications girly, et à eux l'austérité professionnelle d'un LinkedIn ou d'un Viadeo". Si j'en juge par le nombre d'austères Linkediniens ou Viadeens venant faire une petite partie de poker ou un quiz cinéma entre deux promotions de leur blog, je ne suis pas la seule à trouver FaceBook plus convivial. Le tout étant de gérer le flot des sollicitations avec discernement.

Reste à savoir si selon le schéma classique "des choses qui ont une portée universelle", une majorité aura ou non du mal à jongler avec l'image frivole d'un FaceBook où le bon vieux Networking à la papa n'aurait plus la saveur austère d'antan, et où le mélange des genres serait par trop déconcertant. 

L'hypothèse semblerait d'ailleurs se confirmer. Hier j'étais invitée par un contact FaceBook/Viadeo à rejoindre un hub Viadeo. Le groupe éponyme créé sur FaceBook ne serait qu'une "vitrine publicitaire" ?

J'en arrive encore une fois à me demander si au-delà de la distinction des sexes, la culture nationale identitaire ne jouerait pas un rôle plus important.

FaceBook peut-il être reconnu comme un réseau social professionnel crédible par un français, malgré ses aspects bling-bling -- ceux de FaceBook, le mâle français n'est pas bling-bling ;-) et le Networking sérieux en recherche de crédibilité peut-il se permettre de côtoyer/coexister avec des univers ludiques et des profils si disparates ?

En d'autres termes, le professionnel français doit-il, pour s'épanouir, évoluer dans un univers virtuel compartimenté, où "un temps pour tout" ne se concevrait que conditionné par "un site différent pour chaque chose" ?

Tag(s) : #social network

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