C'est l'histoire d'un petit garçon né un 11 septembre 2009. Ce n'est pas drôle mais cela est arrivé à beaucoup d'autres enfants de naître ce jour-là.

Ses parents le prénomment Jihad. Ce n'est pas drôle, surtout quand on est né un 11 septembre, mais cela arrive parfois d'avoir un prénom lourd à porter.

Cette année, son oncle lui a offert un tee-shirt.
Avec écrit devant "Je suis une bombe" et derrière "né le 11 septembre".
Ce n'est pas drôle, quand on s'appelle Jihad et qu'on est né un 11 septembre, mais cela arrive parfois d'avoir des gens de mauvais de goût dans sa famille.

Jihad

Le 25 septembre dernier, la mère du petit Jihad l'a habillé avec le tee-shirt de tonton pour aller à l'école.
La directrice de la Maternelle de Sorgues a recouvert le teeshirt d'un polo pour que les inscriptions ne soient plus visibles.

Quand la mère de famille est venue chercher son fils, elle aurait bredouillé qu’il s’agissait d’une provocation. La directrice de l’école a donc prévenu l’inspection d’académie et le service éducation de la mairie qui a saisi le procureur. « J’ai alerté la justice car il s’agit à mon sens de faits graves qui mettaient avant tout en péril cet enfant. Je souhaitais que le procureur envisage les mesures appropriées qui s’imposaient à l’égard de la famille de cet enfant.»
Ce n'est pas drôle, mais cela arrive parfois que des personnes bien intentionnées se préoccupent du devenir d'un enfant prénommé Jihad né un 11 septembre et qui porte un tee-shirt avec inscrit dessus "je suis une bombe".

Aujourd'hui, c'est à la barre du tribunal correctionnel que la maman et l'oncle du petit Jihad s'expliquent sur des faits "d'apologie de crime".

A l’ouverture de l’audience, leur avocate a requis un renvoi de l’affaire, souhaitant se pencher sur la recevabilité de la constitution de parties civiles de la mairie de Sorgues.
Le tribunal a décidé un renvoi au 6 mars.

"Il y a eu provocation avec préméditation. Cela renvoie à l'éloge d'un événement bien connu, le 11 septembre 2001", estime l'avocat de la mairie.

L'oncle, lui, se présente comme quelqu'un qui aime blaguer, c'est tout. Un blagueur bolosse de mauvais goût. "Une bombe, comme un beau gosse."
Son avocate va plaider la relaxe.

Au milieu, il y a un petit garçon de 3 ans et demi, prénommé Jihad et né un 11 septembre.
Ce n'est pas drôle, mais cela arrive parfois qu'on ne puisse pas rire de tout.

T'inquiète pas, Jihad, un prénom ça se change. Un surnom ça se trouve, Jiji.
Et dans ta vie, je te souhaite de rencontrer des gens qui t'enseigneront ce qu'est l'humour. Et ses limites. Ce n'est pas drôle, mais il y en a.
Elles sont floues, mouvantes, subtiles, précieuses. Comme la vie.

Tag(s) : #Politics, #galerie de portraits

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