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Considérations sur les gens dorment et Marguerite Yourcenar

Aujourd'hui Jean d'Ormesson est mort.

Jean.

     D'Ormesson.

                    Est.

                          Mort. 

Il faut l'écrire, le relire plusieurs fois pour s'en persuader. 

Sauras-tu seulement, courtois comte Jean d'Ormesson, qu'un peu de ta voie est passée dans mon champ ? 

 

Et qu'un peu de ta voix est passée dans mon chant. 
Notre chant, à nous tous, même à notre corps défendant, nous, tes contemporains impermanents. Et dans le chant de ceux pas encore nés et à vivre qui te liront un jour. 

Puisque toi, tu vis toujours.

 

Vous ne saurez jamais que votre âme voyage
Comme au fond de mon cœur un doux cœur adopté
Et que rien, ni le temps, d'autres amours, ni l'âge
N'empêcheront jamais que vous ayez été;

Que la beauté du monde a pris votre visage,
Vit de votre douceur, luit de votre clarté,
Et que le lac pensif au fond du paysage
Me redit seulement votre sérénité.

Vous ne saurez jamais que j'emporte votre âme
Comme une lampe d'or qui m'éclaire en marchant;
Qu'un peu de votre voix a passé dans mon chant.

Doux flambeau, vos rayons, doux brasier, votre flamme
M'instruisent des sentiers que vous avez suivis,
Et vous vivez un peu puisque je vous survis.

 

Marguerite Yourcenar, Marguerite Cleenewerck de Crayencour
Bruxelles 8 juin 1903 - Bangor 17 décembre 1987

"Les charités d'Alcippe 
 

 

BONUS : 

 

 

Au revoir, Jean.
Tag(s) : #galerie de portraits, #MytheOuMytho, #Culture, #Mot croisé

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